Gynécomastie

La gynécomastie est définie par une augmentation du volume de la poitrine chez l’homme. Elle peut concerner la glande mammaire, la graisse pectorale ou les 2 à la fois. Elle peut être unilatérale ou bilatérale.
L’augmentation du volume mammaire chez l’homme est souvent à l’origine de réels complexes.
Le traitement chirurgical de la gynécomastie donne d’excellents résultats.

Examen clinique. 1. Graisse périaréolaire ; 2. noyau glandulaire dense ; 3. incision périaréolaire ; 4. incision pour canule d’aspiration. Source: EMC

Causes de la gynécomastie

Très souvent il n’existe aucune cause particulière.
Mais dans certains cas la gynécomastie peut être secondaire à une pathologie endocrinienne ou à la prise de certains médicaments.
Dans tous les cas un bilan hormonal est prescrit afin d’éliminer une cause secondaire. Chez l’adolescent la gynécomastie n’est pas rare : est due à la poussée hormonale et rentre souvent dans l’ordre spontanément. Le bilan hormonal permet de diagnostiquer une poussée hormonale en cours et d’éviter une chirurgie si elle n’est pas nécessaire.

Formes cliniques

Les formes cliniques sont variables.
Lorsque le sein est « mou » il s’agit d’un excès majoritairement graisseux.
Dans certains cas on palpe un nodule dur et douloureux derrière l’aréole, correspondant à un noyau glandulaire isolé.
Cliniquement la gynécomastie peut aller d’une légère voussure à une augmentation de volume majeure, aboutissant à une féminisation du thorax avec de véritables seins.
Un écoulement lacté mamelonnaire apparait parfois.

Principes de l’intervention

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, en chirurgie ambulatoire dans la plupart des cas (le patient entre le matin à la clinique et rentre chez lui dans l’après-midi) ou dans le cadre d’une courte hospitalisation d’une nuit.

Le but de l’intervention de rétablir un thorax masculin et harmonieux.
S’il n’y a pas d’excès de peau : on réduit simplement le volume mammaire :

  • Soit par exérèse chirurgicale directe de la glande en excès pour les formes glandulaires (cicatrice située sous l’aréole)
  • Soit par lipoaspiration (liposuccion) pour les formes graisseuses à l’aide de micro-incisions sous la poitrine.
  • Dans les cas de formes mixtes les deux techniques sont combinées.

S’il y a un excès de peau :

  • Si l’excès de peau est modéré on peut le retirer à l’aide d’une cicatrice autour de l’aréole.
  • si l’excès de peau est important avec une ptose (chute) du sein : la cicatrice se prolonge sous le sein avec parfois nécessité d’une greffe de la plaque aérolo-mamelonnaire.

L’intervention dure entre 1 et 2 heures selon la technique réalisée.

Deux consultations espacées de 15 jours minimum avec votre chirurgien plasticien sont obligatoires. Des photographies pré-opératoires sont réalisées.
Un bilan préopératoire, hormonal et radiologique sera prescrit afin d’éliminer une cause secondaire en particulier chez l’adolescent.
Un bolero de contention vous sera prescrit et pourra être réalisé au cabinet sur mesure. Il faudra le porter jour et nuit après l’opération pendant 1 mois.
Le médecin anesthésiste sera vu en consultation au plus tard 48 heures avant l’intervention.
L’arrêt du tabac est vivement recommandé au moins un mois avant et un mois après l’intervention (le fait de fumer augmente les complications post-opératoires et le risque d’échec de la greffe en cas de greffe de la plaque aérolo-mamelonnaire).
L’aspirine est à arrêter 5 jours avant lachirurgie.

Le pansement est changé le lendemain de l’intervention puis tous les 2 jours pendant 15 jours.
Si un drain a été mis en place, il sera retiré le lendemain de l’intervention avant la sortie au domicile.
La poitrine peut présenter un œdème (gonflement) et des ecchymoses (bleus) pendant 2 à 3 semaines.
Le vêtement de contention doit être porté jour et nuit pendant 1 mois afin de diminuer l’oedème et d’aider au redrapage de la peau.
Le sport et le port de charges lourdes sont déconseillés pendant 1 mois.
Une éviction professionnelle de 72h (lipoaspiration simple) à 8 jours est souhaitable (à adapter selon votre profession).

Les suites opératoires peuvent être douloureuses pendant quelques jours. Un traitement antalgique adapté sera systématiquement prescrit. Il existe souvent une gêne à l’élévation des bras les premiers jours qui disparaitra spontanément.

L’intervention est-elle prise en charge par la sécurité sociale ?
Une prise en charge est possible à condition de remplir les conditions définies par la sécurité sociale : intervention réalisée après bilan endocrinien, après la puberté, pour gynécomastie accusée, pouvant poser un problème d’ordre sexuel ou psychologique (en particulier gynécomastie asymétrique, douloureuse, avec distension aréolaire).
Une demande d’accord préalable auprès de la sécurité sociale sera rédigée en consultation par votre chirurgien.
Il restera néanmoins une part de dépassements d’honoraires pour le chirurgien.
Dans le cas contraire, la cure de gynécomastie est une intervention de chirurgie esthétique, qui n’est prise en charge ni par la sécurité sociale, ni par la mutuelle.

L’amélioration est souvent nette et immédiate dès les premiers jours.
Cependant le résultat définitif d’une gynécomastie nécessite un délai de 3 à 6 mois. C’est le temps nécessaire pour que l’œdème post opératoire disparaisse et que l’excédent cutané se rétracte. Il faut attendre au moins 12 à 18 mois pour juger de l’aspect définitif des cicatrices.

Les vraies complications sont rares à la suite d’une cure de gynécomastie réalisée dans les règles.
Il convient de distinguer les complications liées à l’anesthésie de celles liées au geste chirurgical.
En ce qui concerne l’anesthésie, le médecin anesthésiste informera lui-même la patiente des risques. L’anesthésie, quelle qu’elle soit, induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles. Toutefois, les risques encourus sont statistiquement très faibles.

  • Saignements post opératoires et hématome : assez rare mais pouvant justifier une évacuation afin de ne pas risquer d’altérer secondairement la qualité esthétique du résultat
  • Accidents thrombo-emboliques : assez rares mais justifient des mesures préventives (bas anti thrombose, lever précoce, traitement anticoagulant)
  • Infection localisée : un traitement antibiotique peut suffire mais elle peut nécessiter un drainage chirurgical.
  • Epanchement séreux relativement fréquent, qui peut apparaître quelques semaines après l’intervention, et peut conduire à des ponctions répétées et/ou à une réintervention pour drainage.
  • Pneumothorax : très rare, il bénéficiera d’un traitement spécifique
  • Les cicatrices peuvent être larges ou hypertrophiques (en relief), de façon imprévisible. Elles peuvent parfois nécessiter une retouche chirurgicale lorsqu’elles sont larges et/ou des injections de corticoïdes lorsqu’elles sont hypertrophiques.
  • Retard de cicatrisation
  • Nécrose cutanée qui prolonge de plusieurs semaines la durée de la cicatrisation. Elle est nettement favorisée par le tabagisme, le diabète, ainsi que par l’obésité.
  • Altération de la sensibilité cutanée les premiers mois (engourdissement, d’insensibilité, de fourmillements). Ces modifications sont fréquentes et disparaissent habituellement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas).

Une asymétrie résiduelle de volume, une asymétrie de la hauteur des aréoles et des mamelons, un excédent cutané, une zone de creux ou des petits nodules sous la peau peuvent être retrouvés en post-opératoire.
De plus, la cure de gynécomastie étant généralement motivée par des raisons esthétiques, il est important d’admettre que les résultats obtenus peuvent ne pas correspondre exactement aux résultats espérés.

Ces complications ou imperfections de résultats pourront éventuellement être corrigées par une retouche chirurgicale à partir de 6 mois post-opératoire.

Fiche pratique

  • Anesthésie : générale
  • Hospitalisation : ambulatoire (ou 1 nuit)
  • Durée de l’intervention : 1h à 2h
  • Douleurs : 2-3 jours
  • Oedème (gonflement) : environ 1 semaine
  • Durée des pansements : 10 jours
  • Bolero de contention : 1 mois
  • Arrêt des activités sportive : 1 mois
  • Arrêt de travail nécessaire : 3 à 8 jours selon la profession et la technique chirurgicale