Augmentation mammaire

L’augmentation mammaire a pour but d’augmenter le volume de la poitrine. Cela est possible soit par la mise en place de prothèses mammaires, soit dans certains cas par l’autogreffe de graisse prélevée sur la patiente elle-même. Le type d’intervention sera défini par l’examen clinique du chirurgien plasticien, les antécédents et le choix de la patiente.

A qui s’adresse l’augmentation mammaire ?

L’augmentation mammaire s’adresse aux patientes présentant une hypoplasie mammaire, c’est à dire un volume de seins insuffisamment développé́ par rapport à la morphologie de la patiente. Elle peut être la conséquence d’un développement insuffisant de la glande à la puberté́, ou apparaitre secondairement par perte du volume glandulaire (grossesse, allaitement, amaigrissement, perturbations hormonales…).
Le manque de volume peut aussi être associé à une ptôse (poitrine « tombante » ).

Augmentation mammaire par prothèse

L’intervention se déroule généralement en chirurgie ambulatoire (la patiente entre à la clinique le matin et rentre chez elle dans l’après-midi), sous anesthésie générale et dure entre 1h et 1h30. Les douleurs post-opératoires immédiates sont modérées car une injection locale d’anesthésiant est pratiquée par le chirurgien pendant l’intervention.
En post-opératoire les pansements sont à refaire tous les 2 jours pendant 10 à 15 jours. Un soutien-gorge de contention est à porter pendant 2 mois (1er mois jour et nuit, et 2ème mois que le jour). La durée d’arrêt de travail est d’au moins une semaine. La durée d’arrêt de sport est d’un à deux mois selon le sport.

Il existe trois voies d’abord pour mettre en place des prothèses mammaires. Chacune présente ses avantages et inconvénients. Le rôle du chirurgien est de conseiller la patiente sur la cicatrice la plus adaptée à sa morphologie, tout en prenant en compte ses souhaits.

  • Voie sous-mammaire : la cicatrice est située sous le sein, cachée dans le sillon sous-mammaire.
  • Voie hémi-aréolaire inférieure : la cicatrice est située au niveau du bord inférieur de l’aréole à condition que son diamètre soit supérieur ou égal à 3,5 cm.
  • Voie axillaire : la cicatrice est située dans l’aisselle.

En cas de ptose mammaire associée (seins tombants), l’augmentation mammaire par prothèses peut suffire à corriger une ptose minime. Si la ptose est importante, on associe la pose des prothèses à un « lifting » de la poitrine (mastopexie). Les cicatrices sont alors différentes (cf chapitre Ptose mammaire).

Il existe deux types d’implants mammaires siliconés : les implants ronds et les implants anatomiques.

  • Les prothèses mammaires rondes donnent des résultats naturels grâce aux nouveaux gels souples et aux différentes projections proposées (profil de la prothèse plus ou moins bombé). L’avantage de ce type d’implant est l’absence de risque de rotation. Le résultat peut parfois paraître moins naturel (décolleté plus « pigeonnant ») en cas de projection de l’implant très élevée et de faible volume du sein à la base.
    Le choix de la prothèse sera déterminé en consultation après un examen clinique minutieux (base du sein, hauteur du thorax, épaisseur de la peau, de la glande, de la graisse, du muscle pectoral), l’écoute attentive des désirs de la patiente, et les essais de prothèses de simulation. En effet il est important de prendre le temps d’essayer les différentes tailles d’implants mammaires devant un miroir afin de se faire une idée du volume et de la forme que l’on souhaite. Votre chirurgien sera là pour vous conseiller.
  • Les prothèses mammaires anatomiques ont l’avantage de donner un résultat très naturel.
    Néanmoins il est très important de savoir que l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des Produits de Santé) a récemment retiré du marché les prothèses macro-texturées, or les prothèses anatomiques sont pour la plupart macro-texturées (cette enveloppe granuleuse leur permettait de mieux s’accrocher à la paroi thoracique et de ne pas tourner).
    En effet, l’ANSM considère que la texturation de certains implants macrotexturés ainsi que celle des implants en polyuréthane constitue un facteur de risque dans l’apparition de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM). L’ANSM a pris cette décision, par mesure de précaution le 5 avril 2019. Compte tenu de la rareté de ce risque, l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses de ces implants. L’ANSM met en place le numéro vert 0.800.71.02.35 pour répondre aux interrogations des patientes. Celles-ci sont également invitées à consulter un professionnel de santé en cas de questions complémentaires.

    Vous trouverez plus d’informations en cliquant ici.

La plupart des implants mammaires sont constitués d’une enveloppe de silicone dont la surface externe peut être lisse ou microtexturée, et d’un produit de remplissage (sérum physiologique, silicone ou hydrogel). L’enveloppe, une fois remplie, est scellée par une pastille d’occlusion.

Les implants mammaires en sérum physiologique (eau salée, inerte dans l’organisme) ne sont quasiment plus utilisés aujourd’hui, sauf dans de rares cas particuliers ou lorsque les patientes l’exigent. De 1994 à 2001, le silicone a été interdit en France (devant la crainte de maladies auto-immunes, aujourd’hui totalement réfutée) et seules ces prothèses en sérum physiologique étaient autorisées. Depuis 2001, rares sont les chirurgiens esthétiques à les utiliser encore (moins de 5%). En pratique le Dr Lefèvre n’utilise pas ces implants en sérum (sauf cas exceptionnels).
Les prothèses mammaires préremplies de gel de silicone cohésif concernent aujourd’hui l’immense majorité des patientes. La palpation des prothèses en gel de silicone offre un effet naturel et agréable au toucher. Le gel de silicone de contre-indique pas la grossesse ou l’allaitement ultérieur. La durée de vie de ces implants mammaires est supérieure à celle des implants en sérum physiologique.

Le sein est composé de la superficie vers la profondeur :

  • de la peau
  • de graisse
  • de glande
  • du muscle grand pectoral
  • du muscle petit pectoral
  • des côtes qui forment le grill thoracique

L’implant mammaire peut être posé dans 3 plans différents :

  • situation prémusculaire (dite aussi rétroglandulaire) c’est à dire devant le muscle grand pectoral
  • situation rétromusculaire c’est à dire derrière le muscle grand pectoral
  • en dual plan ou technique biplan c’est à dire à la fois derrière le muscle et devant le muscle

Avantages :

  • intervention moins douloureuse
  • moins de risque de déplacement de la prothèse mammaire
  • aspect naturel si le sein présente déjà un volume modéré
  • absence de modification de la forme du sein à la contraction des muscles pectoraux

Inconvénients :

  • aspect peu naturel du décolleté si prothèse ronde car la prothèse est directement sous la peau et la glande : risque d’aspect trop rond du sein
  • contours de la prothèse parfois perceptibles au toucher
    parfois présence de plis cutanés visibles
  • Ptose du sein avec le temps (la prothèse distend la peau)

Avantages :

  • Aspect plus naturel (notamment du décolleté), surtout si volume du sein petit
  • implant peu perceptible au toucher car situé plus profond et caché derrière le muscle
  • moins de plis visibles
  • moins de ptose avec le temps (prothèse retenue par le muscle)

Inconvénients :

  • douleurs plus importantes en post-opératoire
  • risque de déplacement de la prothèse les premières semaines (contractions du muscle faisant remonter la prothèse vers le haut)
  • déformation de l’implant sous l’effet des contractions du muscle, surtout chez patientes sportives
  • risque de ptose du sein sur la prothèse qui ne bouge pas avec les années (sein tombant par-dessus la prothèse).

Technique récente qui associe à la fois la position rétromusculaire (partie haute de la prothèse cachée derrière le muscle) et la position prémusculaire (partie basse de la prothèse est cachée derrière la glande mammaire).

Le dual plan combine les avantages des 2 techniques précédentes et élimine une grande partie des inconvénients.

Les résultats sont naturels et l’évolution de la forme de la poitrine avec les années semble meilleure.

Avantages du Dual Plan :

  • suites moins douloureuses qu’en rétromusculaire
  • prothèse cachée derrière le muscle dans la partie haute donc aspect plus naturel du décolleté
  • pas de chute de l’implant vers le bas avec le temps comme dans la voie prémusculaire car la prothèse est maintenue en haut par le muscle.
  • contours de l’implant moins palpables et moins de plis visibles
  • moins de déformation de l’implant mammaire lors de la contraction du muscle pectoral

Dans certains cas l’augmentation mammaire peut être prise en charge par la sécurité sociale : il s’agit de cas particuliers d’agénésie de la glande mammaire (absence totale) ou de malformation de la glande mammaire. Dans ces cas précis le chirurgien établit une demande d’entente préalable auprès du médecin conseil de la sécurité sociale. Ce dernier convoque ensuite la patiente afin de l’examiner et d’accorder la prise en charge.

Il restera néamnoins une part de dépassements d’honoraires pour le chirurgien.

Deux consultations de chirurgie esthétique espacées d’un délai de réflexion d’au moins 15 jours sont obligatoires. Il est important de bien réfléchir avant de programmer une intervention chirurgicale, et vous devez vous sentir en confiance avec votre chirurgien.
Des photographies préopératoires seront réalisées en consultation.
Un soutien-gorge de contention sans armature, en tissu élastique et s’ouvrant par devant, est prescrit et pourra être réalisé sur mesure au cabinet. Vous devrez l’apporter lors de votre hospitalisation.
Prévoyez une période d’indisponibilité professionnelle d’une semaine environ après l’intervention, car aucun arrêt de travail ne pourra vous être prescrit.
Une consultation d’anesthésie aura lieu au plus tard 48 heures avant l’intervention.
L’arrêt du tabac est vivement recommandé, au moins un mois avant et un mois après l’intervention (le tabac est à l’origine de troubles cicatriciels et de nécrose cutanée).
Aucun médicament contenant de l’aspirine ne devra être pris dans les 5 jours précédant l’intervention. On vous demandera de rester à jeun (pas d’aliments ni de boisson ni de tabac ni de chewing-gum) six heures avant l’intervention.

Sans être une véritable complication, les imperfections de résultat sont fréquentes. Il faut savoir que les prothèses mammaires ont un effet de “loupes” posées sur les seins: une petite asymétrie de position des aréoles, de hauteur du sein ou du volume mammaire aura tendance à paraître plus important avec des prothèses mammaires. Néanmoins, comparé à la satisfaction obtenue par l’augmentation de volume, ces petites imperfections passent dans la plupart des cas inaperçues.

Une augmentation mammaire par prothèses, bien que réalisée à visée esthétique, n’en reste pas moins une intervention chirurgicale impliquant des risques.
Il convient de distinguer les complications liées à l’anesthésie de celles liées au geste chirurgical.
En ce qui concerne l’anesthésie, le médecin anesthésiste informera lui-même la patiente des risques. L’anesthésie, quelle qu’elle soit, induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles. Toutefois, les risques encourus sont statistiquement très faibles.

Complications inhérentes au geste chirurgical mammaire :

La très grande majorité des augmentations mammaires réalisées dans les règles se passe sans aucun problème, les suites opératoires sont simples et les patientes sont pleinement satisfaites de leur résultat. Mais parfois des complications peuvent survenir au décours de l’intervention, certaines inhérentes au geste chirurgical mammaire et d’autre spécifiquement liées aux implants : 

Complications liées au geste chirurgical mammaire :

  • Epanchements, infection – hématome : 

L’hématome : C’est l’accumulation de sang autour de la prothèse. C’est une complication précoce pouvant survenir au cours des premières heures. S’il est important, une reprise au bloc opératoire est alors préférable afin d’évacuer le sang et de stopper le saignement à son origine.

L’épanchement séreux : une accumulation de liquide lymphatique autour de la prothèse est un phénomène assez fréquent, souvent associé à un œdème important. Il se traduit simplement par une augmentation transitoire du volume mammaire. Il disparaît spontanément et progressivement.

L’infection : rare après ce type de chirurgie. Elle peut ne pas être résolue par le seul traitement antibiotique et impose alors une reprise chirurgicale pour drainage et ablation de l’implant pendant quelques mois (temps nécessaire avant de pouvoir remettre en place une nouvelle prothèse sans risque). On peut par ailleurs citer trois autres formes particulières d’infection : 

  •  L’ infection tardive « à bas bruit » : il s’agit d’une infection avec peu de symptômes et sans traduction évidente à l’examen, qui peut survenir parfois plusieurs années après l’implantation
  •  Le microabcès : plus fréquents, ils se développent sur un point de suture et se résorbent rapidement après ablation du fil incriminé et soins locaux 
  •  Le choc toxique staphylococcique : de rarissimes cas de ce syndrome infectieux généralisé brutal ont été rapportés
  • Nécrose cutanée 

Elle est consécutive à un manque d’oxygénation tissulaire dû à une insuffisance d’apport sanguin localisé, qui peut être favorisé par une tension excessive, un hématome, une infection ou un tabagisme important chez la patiente. Il s’agit d’une complication très rare mais redoutée car, à l’extrême, elle peut localement mettre à nu la prothèse, notamment par une désunion des sutures. Une reprise chirurgicale s’impose souvent, avec parfois la nécessité de retirer provisoirement l’implant.

  • Anomalies de cicatrisation 

Le processus de cicatrisation mettant en jeu des phénomènes assez aléatoires, il arrive parfois que les cicatrices ne soient pas, à terme, aussi discrètes qu’escompté, pouvant alors prendre des aspects très variables : élargies, rétractiles, adhérentes, hyper ou hypopigmentées, hypertrophiques (boursouflées), voire exceptionnellement chéloïdes. 

  • Altération de la sensibilité

 Elles sont fréquentes les premiers mois mais finissent la plupart du temps par régresser. Rarement toutefois, un certain degré de dysesthésie (diminution ou exagération de la sensibilité au toucher) peut persister, en particulier au niveau de l’aréole et du mamelon.

  • Galactorrhée/épanchements lactés Il a été rapporté de très rares cas de stimulation hormonale postopératoire inexpliquée, se traduisant par une sécrétion de lait (« galactorrhée ») avec parfois une collection du liquide autour de la prothèse.
  • Pneumothorax 

Très rare, il bénéficiera d’un traitement spécifique. 

 

Risques spécifiquement liés aux implants

  • Formation de « plis » ou aspect de « vagues » 

Les implants étant souples, il est possible que leur enveloppe se plisse et que ces plis soient perceptibles au toucher, voire même visibles sous la peau dans certaines positions, donnant alors un aspect de vagues. Ce phénomène survient le plus souvent chez des patientes minces, et peut être traité par une intervention de lipomodelage qui consiste à apposer une fine couche de graisse sous la peau du sein afin de cacher l’implant. 

  • « Coques »

La réaction physiologique, normale et constante de l’organisme humain en présence d’un corps étranger, est de l’isoler des tissus environnants en constituant une membrane hermétique qui va entourer l’implant et qu’on appelle « capsule périprothétique ». Normalement, cette membrane est fine, souple et imperceptible, mais il arrive que la réaction s’amplifie et que la capsule s’épaississe, devienne fibreuse et se rétracte en comprimant l’implant, prenant alors le nom de « coque ». Selon l’intensité du phénomène, il peut en résulter : un simple raffermissement du sein, une constriction parfois gênante, voire une déformation visible de la prothèse aboutissant à l’extrême à une sphère dure, douloureuse, plus ou moins excentrée. Cette fibrose rétractile est parfois secondaire à un hématome ou une infection, mais la plupart du temps sa survenue reste imprévisible, résultant de réactions organiques aléatoires. De gros progrès ont été réalisés ces dernières années en matière de techniques chirurgicales, mais surtout de conception et de constitution des implants, aboutissant à une diminution très sensible du taux de coques et de leur intensité. Le cas échéant, une réintervention peut corriger une telle contracture par section de la capsule (« capsulotomie »). 

  •     Rupture 

Les implants ne peuvent être considérés comme définitifs. Une perte d’étanchéité de l’enveloppe peut survenir avec le temps. Il peut s’agir d’une simple porosité, d’ouvertures punctiformes, de microfissurations, voire de véritables brèches. Cela peut être, rarement, la conséquence d’un choc violent, ou beaucoup plus souvent le résultat d’une usure progressive de la paroi due à l’ancienneté. 

Dans tous les cas, le produit de remplissage de la prothèse peut en sortir, avec des conséquences différentes selon la nature de ce contenu : avec le sérum physiologique  la prothèse se dégonfle totalement; avec le gel de silicone (non résorbable), celui-ci va rester contenu au sein de la capsule qui isole la prothèse. Cela peut alors favoriser l’apparition d’une coque, mais peut aussi rester sans conséquence et passer inaperçu. Dans de très rares cas on peut toutefois assister à une pénétration progressive du gel dans les tissus environnants. 

La rupture prothétique impose, le plus souvent, une intervention visant à changer les implants.

  • Malposition, déplacement 

Un mauvais positionnement, ou le déplacement secondaire des implants, peut modifier la forme de la poitrine justifiant parfois une correction chirurgicale. 

  • Rotation 

Ce risque est rare et n’est présent qu’avec des prothèses anatomiques. Il peut affecter le résultat esthétique et nécessiter une réintervention chirurgicale afin de repositionner la prothèse ou de la changer.

  • Déformation de la paroi thoracique 

Dans de rares cas, des prothèses avec coques fibreuses, laissées longtemps en place, peuvent «s’imprimer» dans les tissus, laissant lors de leur ablation une déformation de la paroi thoracique délicate à corriger.

  • Sérome tardif péri-prothétique 

Dans de très rares cas peut survenir, autour de la prothèse, un épanchement tardif qui peut nécessiter une ponction guidée par échographie. 

  •     Lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires

L’ANSM considère que la texturation de certains implants macrotexturés et celle des implants en polyuréthane constitue un facteur de risque dans l’apparition de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM). 

L’ANSM a pris la décision de retirer ces implants du marché par mesure de précaution le 5 avril 2019. Compte tenu de la rareté de ce risque, l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses de ces implants. L’ANSM met en place le numéro vert 0.800.71.02.35 pour répondre aux interrogations des patientes. Celles-ci sont également invitées à consulter un professionnel de santé en cas de questions complémentaires. 

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Après la mise en place de prothèses mammaires, une grossesse est envisageable sans aucun danger, ni pour la patiente ni pour l’enfant.En ce qui concerne l’allaitement, il n’est pas non plus dangereux et reste possible dans la plupart des cas.

Les très nombreux travaux scientifiques internationaux réalisés à grande échelle sur ce sujet ont unanimement apporté la preuve qu’il n’y a pas plus de risque de survenue de ce type de maladies rares chez les patientes porteuses d’implants (en particulier en silicone) que dans la population féminine générale.

Dans l’état actuel des connaissances, on peut affirmer que l’implantation de prothèses mammaires, y compris en silicone, n’augmente pas le risque de survenue d’un cancer du sein. Cependant, dans le cadre du dépistage du cancer après implantation, l’examen clinique et la palpation peuvent être perturbés surtout en cas de coque périprothétique ou de siliconome. De même, la présence des implants peut gêner la réalisation et l’interprétation des mammographies de dépistage à faire régulièrement. Il faut donc systématiquement préciser que vous êtes porteuses d’implants mammaires. Ainsi, certaines techniques radiologiques spécialisées (incidences particulières, images numérisées, échographie, IRM, etc.) pourront être utilisées en fonction des cas. Par ailleurs, en cas de doute diagnostique sur un cancer du sein, il faut savoir que la présence de prothèses peut requérir une exploration plus invasive pour obtenir une certitude diagnostique.

Même si on peut voir certaines patientes conserver leurs implants plusieurs décennies sans modification majeure, il ne faut pas considérer la mise en place de prothèses mammaires comme quelque chose de définitif. Ainsi, une patiente porteuse d’implants peut s’attendre à devoir un jour remplacer ses prothèses afin que l’effet bénéfique soit maintenu. Les implants, quels qu’ils soient, ont une espérance de vie incertaine qu’il est impossible d’estimer précisément puisqu’elle dépend de phénomènes d’usure de rapidité variable. La durée de vie des implants ne peut donc en aucun cas être garantie. Il faut noter toutefois que les implants de nouvelle génération ont fait de gros progrès en terme de résistance et de fiabilité. A partir de la dixième année, il faudra se poser la question du changement de prothèses si une modification de consistance apparaît.

Il est essentiel de se soumettre aux visites de contrôle prévues par votre chirurgien dans les semaines puis les mois qui suivent l’implantation. Ultérieurement, la présence des implants ne soustrait pas à la surveillance médicale habituelle (suivi gynécologique et dépistage du cancer du sein), même si elle ne nécessite pas de faire réaliser des examens en plus de ceux liés à cette surveillance. Il est pour autant indispensable de spécifier aux différents médecins intervenant que vous êtes porteuse de prothèses mammaires. Une consultation de surveillance, spécifique aux implants, auprès de votre chirurgien plasticien est conseillée tous les deux à trois ans, mais, en dehors de ce suivi, il est surtout fondamental de venir consulter dès qu’une modification d’un ou des deux seins est détectée ou après un traumatisme violent.

Poly Implant Prothèse (PIP) était une entreprise fondée dans les années 90 par Jean-Claude Mas dans le sud de la France, fabriquant depuis les années 2000 des prothèses mammaires. La société fut liquidée en 2010. L’entreprise au moment de sa gloire occupait la 3ème place mondiale en matière de production de prothèses mammaires. Elle exportait 80% de sa production hors de la France (notamment dans des pays en voie de développement comme en Amérique du Sud ou Europe de l’Est). 300 000 femmes se seraient fait poser des prothèses PIP. Les premières plaintes de patientes et de chirurgiens datent de 2005 et commencent à se faire régulières à partir de 2008. Il faudra attendre 2010 pour que l’Afssaps tire la sonnette d’alarme et que Jean-Claude Mas soit convoqué devant les tribunaux.

En 2013 il est condamné à 4 ans de prison ferme et 75 000 euros d’amende pour escroquerie et tromperie aggravée ainsi que l’interdiction définitive d’exercer une activité professionnelle en lien avec le monde sanitaire. Début 2014, 30 000 implants ont déjà été retirés avec au total un risque de défaillance estimé à 25% et plus de 2000 plaintes déposées en France. La défaillance des implants était due à la présence à l’intérieur de certaines prothèses mammaires d’un gel de silicone artisanal non conforme aux normes sanitaires traditionnelles et strictement interdit en tant que dispositif médical. Ce gel était introduit à l’intérieur des implants de manière dissimulée, vraisemblablement pour des raisons financières (le gel artisanal étant moins cher). Ce gel artisanal présent dans certains implants PIP (mais pas tous) provoquait une dégradation progressive de l’enveloppe de la prothèse, conduisant à sa rupture. Il était introduit frauduleusement à l’intérieur des implants de façon aléatoire.

Une fraude à la certification auprès des organismes de marquage CE a clairement été établie, les données étant masquées et falsifiées par PIP. Les prothèses semblaient aux normes car marquées CE et le prix de vente des implants PIP était paradoxalement identique voire même plus cher que les autres marques d’implants mammaires.

Le principal risque des prothèses PIP vient de la possibilité de rupture de l’enveloppe de silicone, ce qui entraîne la libération dans l’organisme du gel dont les ingrédients exacts ne sont pas clairement établis (variable d’une prothèse à l’autre). De la rupture asymptomatique au réactions inflammatoires plus graves, tout peut se voir. Des cas de cancers du sein suspects sur prothèse PIP (8 à 20 sur 1200 environ) ont été décrits même s’il est difficile de relier directement le gel PIP étant donné la forte prévalence du cancer du sein dans la population générale (une femme sur 9).
L’Afssaps recommande actuellement que toute femme porteuse d’implant PIP bénéficie d’un examen clinique et radiologique, que toute suspicion de rupture ou de rupture avérée de l’implant mammaire soit prise en charge chirurgicalement et que l’explantation préventive (sans signe de rupture) soit discutée. L’assurance maladie couvre l’ensemble des frais (retrait et repose des prothèses) dans les cas de chirurgie reconstructrice initiale (reconstruction du sein après cancer, etc.) et les frais de retrait des prothèses dans le cadre de la chirurgie esthétique (augmentation mammaire à visée esthétique). La pose de nouvelles prothèses est par contre dans ce cas à la charge de la patiente.

Fiche pratique

  • Anesthésie : générale
  • Hospitalisation : 1 nuit
  • Durée de l’intervention : 1h-1h30
  • Douleurs : 48h puis gêne pendant un mois
  • Oedème (gonflement) : environ 1 semaine
  • Durée des pansements : 10 jours
  • Soutien-gorge de contention : 1 mois
  • Arrêt des activités sportive : 1 mois
  • Arrêt de travail nécessaire : 1 semaine

Augmentation mammaire par lipomodelage

Le lipomodelageest une technique chirurgicale qui consiste à prélever de la graisse à un endroit du corps pour la réinjecter à un autre endroit.

On parle de lipomodelage, lipofilling, lipostructure, liposculpture, technique de Coleman, transfert autologue de graisse, greffe de tissu adipeux, autogreffe de tissu adipeux, greffe d’adipocytes…

Les premiers cas décrits remontent au début du siècle dernier mais la technique a réellement été mise au point en 1983 par un Français, le Docteur Fournier puis améliorée par un américain en 1995 (Docteur Coleman d’où le nom de technique de Coleman parfois employé).

Nous avons actuellement plus de 25 ans de recul sur cette technique, qui est devenue fiable, reproductible et sûre. Elle constitue une alternative interessante à l’augmentation mammaire par prothèses à condition d’avoir bien compris toutes les différences entre les 2 techniques.

On peut prélever la graisse au niveau des fesses, culotte de cheval, hanches, flancs, poignées d’amour, ventre, abdomen, genoux, cuisses, bras : quasiment partout où elle est présente. L’intérêt est d’associer à l’augmentation mammaire un travail sur la silhouette qui est redessinée. Dans tous les cas la cicatrice de lipoaspiration sera dissimulée au niveau d’un pli ou d’une zone d’ombre et donc presque invisible.

La graisse est purifiée à l’aide d’une centrifugation douce qui permet de ne garder que les cellules graisseuses (adipocytes) et de retirer les débris cellulaires inutiles, l’huile et le sang. Une alternative à la centrifugation est le système de filtration. La graisse n’est pas centrifugée mais filtrée.

En règle générale le rapport entre la graisse aspirée et la graisse utilisable pour le lipomodelage est de 1 pour 3 (900 cc de graisse aspirée sont nécessaires pour injecter 300 cc de graisse purifiée). La résorption étant de 30% en moyenne, il restera au final environ 200 cc de graisse sur les 900 cc prélevés initialement.

Parfois 2 séances de lipomodelage (voire plus) seront nécessaires.

La graisse qui est prise restera toute la vie, elle n’est pas résorbable. Le lipomodelage est donc une méthode définitive et naturelle. Seule une perte très importante de poids peut faire varier la quantité de graisse présente (le nombre de cellules graisseuses est toujours le même mais elles perdent en taille sous l’effet d’un amaigrissement important).

L’intervention a lieu sous anesthésie générale, dure entre 2 et 3 heures en fonction de la quantité de graisse à prélever et à réinjecter et l’hospitalisation est de 24h en moyenne. Les suites sont simples (douleurs type courbatures calmées par les antalgiques la première semaine, ecchymoses éventuelles pendant 2-3 semaines, lipopanty à porter 1 mois sur les zones lipoaspirées, arrêt de travail en moyenne 1 semaine).

Le résultat définitif est apprécié dans un délai de 3 à 6 mois après l’intervention.

  • Absence de corps étranger implanté dans l’organisme. Technique 100% naturelle, la graisse provient de la patiente elle-même.
  • Résultat définitif et stable dans le temps (sauf en cas de perte de poids importante, la graisse injectée dans les seins évolue comme toutes les graisses : elle diminue en cas de régime).
  • Pas de phénomène de coque ou de rejet, pas de plis, de vague, d’aspect artificiel du sein.
  • Cicatrices très petites et quasiment invisibles à long terme.
  • Seins souples à la palpation.
  • Association à une lipoaspiration dans le même temps.
  • Seins souples à la palpation : avantage ou inconvénient selon de ce que l’on souhaite !
  • Phénomène de fonte inéluctable en cas de perte importante de poids (la graisse fond lors de la perte de poids… mais revient en cas de reprise de poids).
  • Intervention chirurgicale plus longue (2 à 3 heures au lieu d’une heure) mais convalescence identique.
  • Augmentation de volume modérée par rapport aux implants : la taille moyenne d’un implant mammaire en France est de 350 cc (1 bonnet 3/4). L’augmentation de volume moyenne lors d’un lipomodelage est de 200 cc par sein (1 bonnet).
  • Taille de la poitrine difficilement prévisible (dépend de la quantité de graisse aspirable sans faire de creux au niveau de la peau, de la qualité de la graisse, de la quantité qui va prendre, de la résorption post-opératoire.)
  • Souvent 2 séances nécessaires pour avoir un volume équivalent à celui d’un implant mammaire.
  • Prix du lipomodelage plus elévé qu’une augmentation mammaire par prothèse 
  • Surveillance par imageries régulières dans un centre de radiologie spécialisé

Une femme sur 8 sera victime d’un cancer du sein dans sa vie. Le cancer du sein le plus fréquent (carcinome canalaire infiltrant) se présente sur les mammographies sous la formes de microcalcifications.

La graisse injectée dans le sein prend également un aspect de microcalcifications (liées à la fibrose et à la cicatrisation, comme après toute chirurgie mammaire). Le risque de confondre les calcifications liées à un cancer du sein avec celles liées au lipomodelage a longtemps amené à penser que cette technique devait être évitée.

En pratique les calcifications liées au lipomodelage sont différentes de celles observées lors qu’un cancer du sein pour un radiologue expérimenté.

A ce jour, toutes les études scientifiques s’accordent pour affirmer qu’aucun élément n’est en faveur d’une augmentation du risque de cancer du sein après lipomodelage mammaire. En revanche, le lipomodelage n’empêchera pas la survenue d’un cancer du sein si celui-ci devait apparaitre.

Au terme de plus de 20 ans de recul sur la pratique, on peut retenir qu’en 2015 un lipomodelage mammaire fait dans les règles de l’art par un chirurgien plasticien spécialisé n’entraine pas de difficulté diagnostique du cancer du sein pour un radiologue expérimenté et spécialisé. De même aucun élément n’est en faveur d’une augmentation du taux de cancer du sein chez les patientes ayant bénéficié d’un lipomodelage mammaire. Un bilan d’imagerie pré-opératoire par un radiologue spécialisé (mammographie et échographie) est indispensable avant l’intervention puis tous les ans par principe de précaution étant donné la fréquence du cancer du sein chez la femme. Il était autrefois recommandé de ne pas réaliser de lipomodelage des seins en augmentation mammaire esthétique chez les femmes au-delà de 35 ans : ce n’est plus le cas d’après le rapport de la HAS (Haute Autorité de Santé) d’avril 2015. Cette limite d’âge n’existe plus.

Une augmentation mammaire par lipomodelage, bien que réalisée à visée esthétique, n’en reste pas moins une intervention chirurgicale impliquant des risques.

Il convient de distinguer les complications liées à l’anesthésie de celles liées au geste chirurgical.

En ce qui concerne l’anesthésie, le médecin anesthésiste informera lui-même la patiente des risques anesthésiques. Il faut savoir que l’anesthésie, quelle qu’elle soit, induit dans l’organisme des réactions parfois imprévisibles. Toutefois, en ayant recours à un anesthésiste – réanimateur compétent, exerçant dans un contexte chirurgical, les risques encourus sont statistiquement très faibles. 

Complications liées au geste chirurgical : 

En choisissant un chirurgien plasticien qualifié et compétent, formé à ce type d’intervention, vous limitez au maximum ces risques, sans toutefois les supprimer complètement. Les vraies complications sont rares après un lipomodelage de qualité. Une grande rigueur dans la pose de l’indication et dans la technique chirurgicale est nécessaire pour assurer une prévention efficace des complications.

L’infection est prévenue par la prescription d’un traitement antibiotique per-opératoire. En cas de survenue (rare), elle sera traitée par antibiothérapie et par des soins locaux (drainage d’un abcès, changement du type de pansements). La résolution se fait alors en une dizaine de jours, habituellement sans conséquence importante sur le résultat final.

Un pneumothorax peut survenir exceptionnellement, et doit alors faire l’objet d’un traitement spécifique s’il est important (drainage). Une lésion des organes sous-jacents intra-thoraciques (cœur, vaisseaux) est en théorie possible, mais n’a jamais été constatée dans le cadre d’une pratique normale, réalisée par un chirurgien formé à cette technique.

La cytostéatonécrose (kystes huileux) peut se manifester cliniquement par l’apparition de petits nodules fermes et lisses, mobiles, peu douloureux dans le sein. Leur aspect clinique est en général caractéristique. Ces nodules diminuent progressivement de taille en quelques mois, et s’assouplissent lentement. Ils amènent parfois le chirurgien à faire réaliser une échographie par mesure de précaution afin d’éliminer tout diagnostic différentiel.

Les imperfections de résultats : dans quelques cas, des imperfections localisées peuvent être observées: hypocorrection localisée, asymétrie légère, irrégularités. Elles sont alors accessibles à un traitement complémentaire : lipomodelage sous simple anesthésie locale, à partir du 6ème mois post-opératoire. 

Les microcalcifications : 1 femme sur 8 sera victime d’un cancer du sein dans sa vie. Le cancer du sein le plus fréquent (carcinome canalaire infiltrant) se présente sur les mammographies sous la formes de microcalcifications. Or la graisse injectée dans le sein prend également un aspect de microcalcifications à la mammographie (liées à la fibrose et à la cicatrisation, comme après toute chirurgie mammaire). Le risque de confondre les microcalcifications liées à un cancer du sein avec celles liées au lipomodelage a longtemps amené à penser que cette technique devait être évitée. En pratique les calcifications liées au lipomodelage sont différentes de celles observées lors qu’un cancer du sein pour un radiologue expérimenté. A ce jour, toutes les études scientifiques s’accordent pour affirmer qu’aucun élément n’est en faveur d’une augmentation du risque de cancer du sein après lipomodelage mammaire.

Fiche pratique

  • Anesthésie : générale
  • Hospitalisation : 1 nuit
  • Durée de l’intervention : 2h-3h
  • Douleurs : 5-6 jours 
  • Oedème (gonflement) : 2-3 semaines (zones lipoaspirées)
  • Durée des pansements : 1 semaine
  • Lipopanty : 1 mois
  • Arrêt des activités sportive : 1 mois
  • Arrêt de travail nécessaire : 1 semaine
  • Résultat : 3 à 6 mois

Avant / Après

Mise en place d’implants mammaires ronds de 300ML par voie sous mammaire en position rétro pectorale.